Voyage de Novembre

Vous êtes dans un train. Un train en direction des côtes de l'atlantique. Au terminus, l'océan. Un week end auprès de la mer. Un week end pour fêter votre anniversaire dans la solitude et la débauche. Votre valise de cuir rectangulaire contient pour cela plusieurs bouteilles d'alcool fort. Il y a largement assez pour être raide pendant tout le séjour. Le but est d'oublier, d'oublier la vie et ses problèmes. Un sursis, un instant de repos dans le tumulte qu'est votre vie. Votre vie qui vous malmène, emporté par les impératifs qui vous sont imposés par la société. Personne ne sais ou vous êtes. Vous ne voulez pas être dérangé, ne pas avoir à se soucier de quoi que ce soit. Vous n'avez ni pris votre portable, ni votre portefeuille. Juste du liquide. Juste assez d'argent pour le week end et les excès que vous allez faire.

Vous regardez le paysage normand défiler. L'architecture des maisons change graduellement, les bocages apparaissent. Personne dans le train ne regarde le paysage. Pourquoi ne regardent ils pas dehors ? Les couleurs de l'automne sont si magnifique. Ils dorment, ils lisent, ils discutent. Pas un regard pour la nature. Pas un regard hors du cocon qu'est le train. Il commence à ralentir et à suivre une voix qui ondule tel un serpent. Vous approchez de votre destination. Cette ville très fréquenté en été mais déserte dés l'apparition des fraîcheurs de septembre. Qui dit vide, dit peu chère, vous avez pris une chambre ayant vue sur le port et la mer.

Malgré le ciel dégagé, au loin, loin au dessus de cette étendu bleu, plane un front. Un ensemble compact de nuage gris. Une boule qui semble si innocente. Mais, dans le port, il règne une agitation fébrile. Les gens rangent, emballent, cloisonnent, fixent, bref semblent se préparer pour une tempête importante. L'enregistrement fini, vous déposez vos sacs, empochez une bouteille et allez vous asseoir sur la jeté du port. L'eau clapote doucement, il n'y a pas de vent. Tout serait silencieux sans le roulement des vagues sur la grèves. Vous commencez à siroter la bouteille de vodka. Vous vous efforcez de ne penser à rien. Vous vous videz la tête. Qu'il n'y ai plus rien dans ce cerveau. Vous oubliez votre travail, votre conjoint, votre appartement et tout le reste. Plus rien ne compte. Vous vous sentez peu à peu libre ainsi qu'ivre. Quel plaisir. Quel sensation agréable. Être ivre sur une jeté d'un port.

Le soleil descend lentement, quelques cris de mouettes brisent la régularité mécanique du chant de la mer. Quelques navires rentrent à toute vitesse. Les matelots ont peur. Les habitants aussi. Ils ferment tous leurs fenêtres et rentrent ce qu'ils peuvent. Le village s'enferme, s'isole, tout ça pour un simple front noir. Vous le regardez et le défiez, c'est vous qui le vaincrais et non le contraire. Pourtant, pourtant, au fond de vous, vous n'êtes plus si sûr.

Il est vrai que celui ci grossit. Il devient plus imposant, plus menaçant, plus sombre. Le soleil est désormais derrière l'ondé. Il commence à faire sombre, les vaguelettes sont devenu vagues. Une brise glaciale se lève. Vous fermez votre imperméable et avalez une bonne rasade de vodka. Il ne reste plus qu'un fond dans la bouteille. Un mur de vent avance à toute vitesse. Un mur de vent qui vous ébouriffe, s'infiltre à travers vos vêtement, tire sur votre manteau et porte des embruns qui s'écrase sur vous, répandant leur odeur salé.

La tempête est là. Elle a commencé. Dans un sursaut, vous vous relevez, une bouffé d'adrénaline se déverse dans votre corps. Vous sentez une sorte d'excitation monter, monter avec la hauteur des vagues. La tempête, qui s'impose actuellement, a effacé celle qui se développe dans votre tête. Vos problèmes paraissent faible et sans importance devant le déchaînement des éléments qui ne cesse d'augmenter. Vous êtes libre, vous ne pensez plus qu'au vent, aux vagues et à la pluie. Vous hurlez vos problèmes au vent, vous déversez le contenu de votre coeur. Tout ce que vous lui dites est insignifiant pour lui. Il soufflera quoi que vous dites.

D'un coup ces vagues viennent vous lécher les pieds en passant au dessus de la jeté. A chaque impact, de plus en plus fort, la structure de la jeté oscille et une écume blanche de plus en plus grande jailli et vous enveloppe. Des éclairs se mettent à zébrer le ciel. Tout ce déchaînement vous excite tellement que vous en avez un orgasme. Vous êtes en extase. Vous déambulez, vous tombez, vous manquez d'être emporté, vous délirez, vous vous rapprochez dangereusement du rebord de la digue. Vous gesticulez, la bouteille en main, n'oubliant pas de boire régulièrement. L'idée de rejoindre la mer ne vous parais pas si mauvaise.

Sans prévenir une main vous saisi et vous emporte, vous traîne jusqu'à l'hôtel et vous enferme dans votre chambre. Vous tapez sur la porte, vous voulez ressortir, retourner dans la tempête. Vous essayer d'ouvrir la fenêtre mais les volets vous résistent. Vous êtes trop ivre pour vous souvenir comment les ouvrir. Après quelques coups inutiles, las d'essayer, vous vous couchez, et vous vous endormez, bercé par les sons de l'orage.

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Vous avez la bouche pâteuse, les cheveux qui poussent vers l'intérieur. Vous ne vous souvenez pas de vous être couché. La bouteille vide, près de votre chevet, vous donne un indice. Vous reconnaissez vaguement la chambre de l'hôtel. La pluie bas contre les volets. Vous vous enroulez dans la douceur de la couette et accordez votre tête au bruit monotone des claquements de l'eau.

Vous asseyez de vous lever mais vous retombez mollement sur le lit. La deuxième tentative est la bonne. Vous vous trainez jusqu'aux toilette pour boire une longue goulée d'eau. L'estomac gonflé vous retournez vous affaler sur le lit. Votre main attrape une boite d'aspirine et vous en gobez trois cachets. L'horloge affiche onze heure. Un coup de téléphone à la réception, un petit déjeuner avec triple café est sur le chemin. Le temps que que vous soyez servis, l'aspirine commence à faire effet et votre mal de tête se fait plus léger.

Dans le café vous versez une bonne lampée de vodka et avalez le tout d'un coup, de manière à bien commencer la journée. Vous ouvrez les volets, la tempête est passé, il ne reste que des nuages gris qui pissent. Le port est sens dessus dessous. Il fourmille d'activité, des gens soulèvent et remettent en place les bateaux. Vous mordez dans le croissant, votre regard se pose sur la jeté. Les sensations affluent, votre tête tourne, vous vous retenez au mur. Quel violence, quel plaisir. L'adrénaline affluant dans votre sang. C'était vraiment bon. Tout parait futile en comparaison.

Vous remarquez une femme qui porte un long manteau bleu irisé de fils d'argents. Votre intuition vous chuchote qu'elle est belle, terriblement belle. Son regard semble perdu au loin. Perdu dans la mer. Elle ne s'abrite pas de la pluie, comme si, cela n'avait guère d'importance.

Vous vous habillez et allez sur la jeté munit d'un parapluie. Avant que vous ne lui proposiez quoi que ce soit, elle se retourne vers vous et vous dévisage longuement.
- "C'est vous qui étiez sur la jeté hier soir pendant la tempête ?"
Vous acquiescez.
- "Vous sembliez en communion avec la mer. J'ai beaucoup rit à vous voir gesticuler une bouteille à la main. Vous auriez perdu la vie si je n'avais pas insisté pour qu'on aille vous chercher pour vous ramener."
- "Je vous remercie. Si je puis, je voudrais vous proposer de vous abriter sous le parapluie."
- "Merci, mais je préfère sentir la pluie."
Vous regardez tous les deux la mer. La mer si calme aujourd'hui mais si agité hier.

Malgré le parapluie vous commencez à être trempé mais la jeune femme vous retient.
- "Que faites vous ici ?" dites vous.
- "Je suis en vacances. Je viens chaque année à cette période pour me ressourcer. Et vous ?"
- "Pour ma part je suis en week end. Je voulais voir à quoi ressemblait la ville en novembre."
- "C'est agité, il y a des tempêtes mais rarement aussi forte que celle d'hier soir. Vous n'avez assisté qu'au début, les éléments se sont bien plus déchaînés après que vous avez été mis à l'abri."
Votre regard croise le sien et elle vous fait un merveilleux sourire. Vous restez sans rien dire un temps indéterminé à regarder la mer puis vos habits finissant par être détrempé vous vous décidez à partir mais vous lui demandez avant :
- "Vais je vous revoir ?"
- "Je vous propose de ce rejoindre ce soir au restaurant à côté de l'hôtel pour le premier service.
- "Avec plaisir, mademoiselle ?"
- "Appelez moi Jeanne. Et vous monsieur ?"
- "Damien."
- "Et bien, à ce soir Damien."
- "À ce soir."

Une fois dans votre chambre vous vous changez et buvez quelques gorgés de vodka. Quand vous regardez par la fenêtre, Jeanne à disparu. Comme pour accompagner son départ, la pluie s'est calmé et il ne tombe plus que quelques goutes épars.

Jeanne. Jeanne vous obsède soudain. Son visage fin, ses yeux verts. Les quelques moments passé l'un à côté de l'autre, vous semble, vous ont rapproché. Alice, cette chère Alice revient subitement à l'esprit. Vous savez très bien qu'elle en hurlerait. Pourquoi penser à elle. Vous n'êtes pas supposez penser à elle. Vous êtes loin de Paris et de tout ce qu'il y a la bas. Pourtant, pourtant, vous l'aimez, Alice. Jeanne, c'est seulement un béguin. Pourquoi ? Pourquoi avez vous accepté le diner, vous devriez être seul. Seul pour réfléchir. Une nouvelle tempête est là, mentale cette fois ci, est là. Vos idées vous assaillent. Ces idées qui agressent. Les souvenirs, la masse de souvenir. Les regrets, les innombrable regret. Cette impression croissante d'échec, cette angoisse sourde qui vous dévore. Vous vous écroulez en proie à un combat pour votre intégrité. Vous attrapez la bouteille de vodka et en buvez une longue rasade. Vous vous dirigez vers la douche et, après vous être déshabillé, prenez une longue, très longue, douche brulante.

Entre votre semi ivresse et la chaleur de l'eau, vous vous sentez mieux, votre angoisse retombe et la tempête diminue. S'éloignant seulement, prête à surgir à n'importe quel moment de faiblesse. Le temps passe lentement, l'eau coulant sans interruption. Un sentiment de honte vous gagne. Pourquoi êtes vous déjà saoule et dans une douche depuis plusieurs heures. Absolument rien ne c'est passé. De quoi avez vous peur ? Pourquoi une telle psychose ? Décidément rien ne vas plus. Vous coupez l'eau mais restez assis dans la douche jusqu'à que vous soyez presque sec.

En sortant vous regardez l'heure qui est affiché sur la pendule murale. Après une demi minute de réflexion vous vous rendez compte que vous êtes en retard, et bien en retard. Il est presque l'heure du deuxième service. Vous enfilez vos vêtements à toute vitesse et empochez quelque billets qui trainaient dans votre valise. Après avoir cavalé dans les escaliers et dans la rue, vous jetez un regard désespéré sur les tables du restaurant. Elle est là. Elle vous fait signe de la mains avec un charmant sourire. Vous êtes soulagé et vous vous confondez en excuse auprès d'elle.
- "Je suis désolé, je n'avais pas vu le temps passer, j'étais perdu dans mes pensées."
- "Ce n'est pas grave. Le principal est que tu sois là."
Elle affiche de nouveau un sourire et continue.
- "Asseyez vous très chère. J'ai déjà commandé l'entrée qui n'attendait que votre arrivé.
Pour le plat de résistance, je vous conseille le barbue au cidre qui est simplement merveilleux."
- "Et bien, je vous fais confiance, vas pour le barbue."
Jeanne héla le serveur et d'un signe de la tête la commande fut passé.

Elle fait la conversation tout le long du repas parlant de sa vie. Venant ici depuis sa tendre enfance, chaque année, toujours les mêmes dates. Elle n'a pas raté une seule année. Elle ne pose pas de question. Elle parle. Vous, vous la regardez, vous regardez son décolleté plongeant, son doux sourire, ses cheveux qui sont maintenu grâce à une minuscule tresse ainsi que ses yeux verts, ses yeux verts qui vous fixe, qui vous fixe vous mettant presque mal à l'aise.

- "Que fait on maintenant ?" Demandez vous, une fois le repas terminé.
- "Je te propose d'aller chez toi, il pleut toujours dehors." Dit elle en jetant un regard par la baie vitrée. Une seconde d'hésitation de votre part puis votre réponse vous étonne.
- "Avec plaisir."
Elle se lève et pour la première fois, vous voyez le bas de sa robe de soirée dont le haut vous à tant préoccupé pendant le repas. Jeanne est habillé d'une magnifique robe de soirée noire qui moule sa taille et ses fesses tout en s'évasant au niveau de ses genoux. Votre mâchoire se décroche. Elle est prise d'un rire discret puis d'un doigt referme votre bouche en vous chuchotant.
- "Tu m'as déjà assez dévoré du regard. Ça suffit !"
Vous vous dirigez vers le comptoir pour payer, mais elle vous arrête et vous dis.
- "Tout est déjà réglé. Prenez donc mon bras et dépêchons nous, je ne veux pas abimer ma robe sous la pluie.

Jeanne observe l'intérieur de la pièce, vois les bouteilles soigneusement aligné, en prend une, l'ouvre, bois une gorgé puis s'exclame.
- "Très bonne vodka. Amateur ?"
- "Oui, mais c'est presque du gâchis de la boire pour finir ivre."
Elle acquiesce et s'assoie contre le mur de manière à ne pas abimer sa robe puis tape sur le sol de sa main droite vous invitant à s'asseoir à côté d'elle. Votre corps se déplace tout seul, une fois assis, Jeanne vous tend la bouteille et vous en buvez une longue goulée, si longue que vous êtes convaincu que vous allez finir malade. Vous tournez la tête, lui repassant la bouteille, elle regarde droit devant, son visage vous attire, ses lèvres, ses lèvres que vous voulez subitement embrasser, vous vous approchez et vous lui déposez un baisé sur la joue, pas de réactions, un deuxième. Elle vous regarde et vous dis.
- "Désolé, je ne veux pas t'embrasser, pas maintenant du moins."
Votre tête se mets à tourner, vous vous sentez stupide. Mais alors, que faites vous avec elle dans votre chambre d'hôtel ?
- "Jeanne ?"
- "Oui ?"
- "Que faisons nous ici alors ?"
- "Ce n'est pas évident ? On bois, on bois ensemble. C'est tellement triste de le faire seul. À deux ça l'est moins."
- "D'accord" Répondez vous en ouvrant une deuxième bouteille.
- "Pourquoi est-ce que l'on bois ?" Vous continuez.
- "Pour la même raison qui vous a amener à être ivre hier sur la jeté au beau milieu d'une tempête. Pour oublier, pour oublier au moins temporairement notre vie."
Alors tous deux, vous buvez, vous buvez sans relâche, le seul sons étant celui des goutes de pluie qui s'écrase contre la vitre. Vous avez envi de parler. De rompre le silence. Ce silence qui devient oppressant mais vous n'osez pas. Vous ne voulez pas briser ce moment presque magique. Ce long instant pendant lequel vous la regardez, vous l'admirez.

- "Je veux enlever cette robe avant que je ne l'abime. Peux tu m'aider ?"
Jeanne se leva et montra la fermeture éclair dans son dos de son doigts. Vous vous levez et vous l'ouvrez. La robe tombe lentement lentement sur le sol effleurant sa peau. En sous vêtements, elle ramasse nonchalamment la robe, l'accroche sur un cintre puis s'enveloppa d'une des robes de chambres blanche de l'hôtel. Puis elle s'affale contre le sommier du lit, vous adressa un sourire puis vous demande de parler de vous.
Alors vous parlez. Vous déversez tout. Elle vous écoute, acquiesce de temps en temps, fais des mous. Puis vous finissez par vous taire. Vous avez fini. Vous ne savez plus quoi dire. Vous remettez machinalement à boire.

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Vous émergez doucement de votre sommeil. Un mal de crane, pis que celui d'hier, fait pulser vos tempes en rythme. Vous gisez sur le sol. Enroulé dans une couverture, sur le côté, la tête sur un oreiller. Votre gorge à un gout acre qui vous indique que vous avez vomis mais vous n'en n'avez aucun souvenir. Un haut le coeur vous secoue. Vous allez tant bien que mal jusqu'à la salle de bain où vous regardez votre visage qui à l'air de s'être décomposé. Il a presque une teinte verdâtre. Des poches noires se sont installé sous vos yeux. Passer de l'eau fraiche n'améliore rien alors vous prenez une douche fraiche qui améliore un tantinet votre état.

De retour dans la chambre, vous remarquez que le sol est encombré de bouteilles vides. La demoiselle semble dormir dans le lit, son visage est paisible comme si elle n'avait rien bu de la soirée. Comment fait elle ?

Après avoir rangé un peu la pièce, vous demandez un petit déjeuner pour deux, servi dans votre chambre. L'odeur du café la réveille. Elle sourit, s'étire sous la couette et se redresse pendant que vous posez l'ensemble sur le lit.
- "Comment va ?" Demande t elle.
- "Mal. Mais ça va passer. J'espère. Toi ?"
- "Parfaitement bien. J'aurais pensé que tu tenais plus longtemps que ça. J'ai fini la nuit avec mes démons."
- "D'ailleurs, que c'est il passé ? Je n'ai guère de souvenir."
- "Pas grand chose. Tu as beaucoup parlé, bien qu'au fur et à mesure, tu te répétais et devenais ennuyant."

Elle mange avidement, vous grignotez un peu mais pas beaucoup de peur que votre estomac vous joue des tours.
- "Oh ! Regarde comme il fait beau !" Elle s'exclame t' elle.
Elle se lève d'un coup et file à la fenêtre habillé seulement de ses sous vêtements.
- "On devrait aller faire un tour dehors sur la plage ! Ce serait marrant, on pourrait se courir après comme dans les vieux films jauni."
Sans vous demander votre avis elle s'habille en piochant dans vos vêtements, prend sa robe sous le bras et s'enfuie en vous criant depuis le couloir.
- "On se retrouve sur la jeté dans une heure et demi. Apporte de quoi boire. À toute."

Vous vous retrouvez seul et étourdi. Comme si vous aviez reçu une gifle. Le sol se mets à tourner, votre estomac se contracte, votre tête semble exploser. Après quelque minutes passé assis vous allez mieux. Il est presque midi, vous devez rendre votre chambre, vous entassez les bouteilles dans un coin puis faites votre valise. Votre esprit est ailleurs, il vogue dans l'océan agité que sont vos émotions. Que c'est il vraiment passé pendant la nuit. La valise faite, vous comptez les bouteilles vides. Il en reste plus que deux bouteilles. Dont l'une à moité pleine.

Une fois les clés rendu en vous excusant pour les bouteilles vides dans la chambre, vous cherchez la supérette la plus proche. Rien n'est ouvert, il est dimanche. Vous rejoigniez la digue, vous attendez en regardant l'océan. Il est calme, comme si la tempête avait aspiré toute son énergie. Le soleil vous réchauffe doucement le dos.

Une rêverie vous emporte. Vous êtes au milieu de l'océan dans une barque remplis de bouteille vide. Vous avez soif, terriblement soif. Mais vous cherchez, vous cherchez partout, jetant les bouteilles vide à l'eau. Rien. Pas une goutte de liquide buvable. Vous paniquez. En paniquant vous tombez de la barque et vous tombez lentement sous l'eau vous noyant. La mer vous emporte vers les ténèbres.

Un déclic d'appareil photo vous réveille.
Jeanne est là avec un Polaroïd et une photo à la main et un cabas pleins à côté d'elle.
- "Tu avais l'air si paisible."
- "Je ne l'étais pas. J'étais... J'étais perdu dans un rêve."
- "Raconte !"
- "Je... Je me noyais. C'est tout."
- "Ça c'était vendredi soir, pas aujourd'hui. Allons, la plage n'est pas loin."

Une fois sur la plage vous vous installez sur un plaid et Jeanne étale les victuailles dessus. Du jambon, un camembert, une salade de crudité, une douzaine d'huitres et des poires. Vous posez honteusement les restes de vodka.
- "Je suis désolé il n'y avait plus de magasins ouvert...
- "M'en suis douté. J'ai ramené du Cidre et du Poirée. Dit elle en sortant les bouteilles de son cabas sans fond."
Elle se sert et vous invite à faire de même.
- "Où as-tu trouver tout ceci ?"
- "Je suis aller demander au restaurant. Le patron est un très bon amis."
- "Les huitres sont dé-li-cieuse !"
- "Bin, é-vi-dement !" Dit elle en prenant une photo des victuailles.

Une fois le repas terminé, courez sur le plage, vous trempez vos pieds, vous vous éclaboussez. Puis, au bout d'un moment vous vous retrouvez assis l'un à côte de l'autre à contempler l'océan. À regarder le soleil descendre doucement, à écouter le frou frou incessant des vagues, à sentir l'iode qui flotte dans l'air, à caresser doucement le sable fin et finir les bouteilles doucement. Elle expose les cliché qu'elle a pris. Au fur et à mesure, vous voyez votre visage s'éclaircir sur les photos comme si vous alliez de mieux en mieux.

Le train de retour vous appelle. Elle fait des minauderies. Elle n'a pas l'air de vous laisser partir.
- "Je m'amuse tant avec toi. Tu reviendras ?"
- "Pourquoi ne reviendrais je pas ?"
Elle sourit. Elle prend un morceau de papier dans son sac, note une série de dates et vous le remets.
- "Je serais ici ces dates là. Viens quand tu peux. Je demanderais à l'hôtel de me prévenir de ta venu."
Elle vous embrasse rapidement puis pars sans jeter un regard en arrière.

Vous êtes dans un train. Un train en direction de Paris. Au terminus, votre vie normal reprend. Votre valise est légère. Personne ne sait ce que vous avez fait pendant le week end. Personne ne le saura. La nature disparait progressivement pour faire place aux maisons puis aux immeubles. Vous entrez dans la gare Saint Lazare, Alice est là. Elle vous attendait. Vous l'embrassez. Vous échangez quelque paroles, elle trouve votre mines réjouis, elle ne vous questionne pas sur le week end. Vous reprenez la routine débilitante du métro-boulot-dodo. Jusqu'à la prochaine excursion en Normandie.